


— Dossier confidentiel (Abteilung IIIb)
Identité : Rosa Reinhardt
Origine : Mulhouse
Nationalité : Allemande
Nom de code : Die Blaue Spinne – L’Araignée Bleue (Yeux bleus électrique)
Historique :
Rosa Reinhardt naît en 1883 à Mulhouse, en Alsace, une région alors annexée par l’Empire allemand.
– Père : Friedrich Reinhardt, officier de réserve et enseignant en tactique militaire.
– Mère : Suzanne (Moreau) Reinhardt, couturière française, restée profondément attachée à sa culture.
Cette double identité culturelle est l’un des premiers atouts de Rosa. Elle grandit parfaitement bilingue, passant sans effort d’une langue à l’autre. Sa mère l’initie au français de France « pur », sans accent germanique. Son père lui inculque la discipline, le contrôle émotionnel et une haute estime du service à l’État.
Enfant curieuse, silencieuse et vive, Rosa développe très tôt une capacité à se glisser dans les ombres, un talent pour écouter sans être remarquée, une mémoire remarquable pour les détails.
À 14 ans (1897), elle est envoyée dans une école de jeunes filles à Stuttgart, où on remarque rapidement son charme naturel, son talent pour les langues, son habileté manuelle et sang-froid.
Un professeur, ancien capitaine d’état-major, la recommande à une structure parallèle de formation destinée aux « Hilfskräfte » (projet de recherche) du renseignement.
Elle y reçoit discrètement des cours de cryptographie basique, d’observation, d’influence sociale, et d’infiltration « douce » (dissimulation, déguisement léger, compréhension des dynamiques sociales).
Tout cela présenté comme un service patriotique potentiel, sans jamais lui dire explicitement qu’elle est formée pour l’espionnage.
De ses 16 ans à ses 21 ans (1904), elle suit une formation de traductrice. Durant cette période, elle accompagne son père lors de soirées d’officiers. Elle apprend le langage militaire, elle sert parfois d’interprète et on remarque sa capacité à repérer ce que les autres ne remarquent pas. C’est un Hauptmann (Capitaine) proche de son père qui glisse son nom dans une liste de profils « utiles ».
À 22 ans (1905), elle est approché par le Abteilung IIIb (Service secret allemand). L’Allemagne a frôlé la guerre avec la crise au Maroc. Elle devient une source d’information informelle : elle rédige des rapports de traduction et de comptes rendus des discussions entre soirées d’officiers, on teste sa loyauté, sa patience, son contrôle émotionnel. Elle n’est pas encore espionne, mais elle est évalué.
À l’automne 1910, Rosa à 27 ans et est appelée pour traduire une lettre en français retrouvée sur un suspect venu de Belfort. Sa traduction est précise, fluide, et surtout accompagnée de remarques pertinentes sur des expressions idiomatiques françaises.
Le Hauptmann Hans Völcker la convoque et lui explique que son profil biculturel est extrêmement rare, sa maîtrise du français ferait d’elle une infiltrée idéale, elle pourrait servir plus utilement comme agent de terrain que comme simple auxiliaire.
Les tests sont impitoyables : interrogatoires psychologiques, exercices de dissimulation, mise en situation d’extraction d’informations et évaluation de son « charme social ». On lui apprend même à rêver en français.
Rosa surprend tout le monde par son absence de panique, sa capacité à rendre les autres à l’aise et son talent à détourner l’attention de ses véritables intentions.
Lorsque la Grande Guerre éclate en 1914, Mulhouse est rapidement reprise par les Français puis reperdue, dans un va-et-vient sanglant.
Sa mère, hostile au conflit, tente de rejoindre la France mais est arrêtée par les autorités allemandes. Cet événement crée chez Rosa une loyauté complexe. Elle veut prouver à l’Allemagne et son père qu’elle n’est pas suspecte malgré ses origines françaises et désir faire ses preuves afin d’obtenir assez d’influence pour libérer sa mère.
Missions :
- 1915 – Cafés de Mulhouse : On lui demande de fréquenter un café connu pour accueillir soldats en permission, écouter les conversations, repérer militaires trop bavards, rédiger des rapports sur les rumeurs françaises. Objectif secret : identifier un agent double infiltré côté allemand.
- 1915 – Gare de Donon : On l’envoie dans une gare stratégique pour surveiller les mouvements des trains, noter les unités françaises capturées et repérer tout signe de renforts sur le front ouest.
- 1916 – Colonel disparu : Un officier allemand a disparu dans les Vosges. L’armée soupçonne une désertion, mais le IIIb suspecte une capture française. On l’envoie pour enquêter dans un village frontalier et fouiller la maison d’une instituteur français qu’elle doit charmé, suspecté d’être un agent.
- 1916 – Passage clandestin de Belfort : On l’envoie franchir la frontière de nuit, livrer un message scellé à un contact allemand basé à Montbéliard et revenir sans être repérée.
- 1917 – Infiltration dans un hôpital français à Lyon : On l’envoie en tant que volontaire française de la Croix-Rouge (Claire Dumas) pour déterminer la présence de troupes coloniales françaises (indication d’offensives futures), voler un carnet d’un médecin major dont elle doit se rapprocher et cartographier discrètement les convois entre Gare de Lyon-Perrache et le front.
- 1917 – Infirmière de la Croix Rouge en Argonne : On l’envoie pour interroger doucement les soldats français, subtiliser lettres, carnets, papiers d’identité (les uniformes envoyés au lavage) et repérer les blessés qui seraient prêts à « parler » pour améliorer leurs conditions. Elle est là également pour toutes informations sur les mouvements, unités et le moral.
- 1918 – Reliques à Beaulieu : Une église française, située dans le village de Beaulieu, contiendrait deux objets anciens (« Le Cristal de Saint-Georges » et « La Chronique de l’Abbaye de Saint-Michel »). On lui demande de gagner la confiance du docteur Ender Beaumain, de retrouver les reliques et choisir ensuite une manière de les transmettre à l’Allemagne. Mais l’intermédiaire n’est pas celui dont elle a l’habitude.
Alias : Claire Dumas
Rosa Reinhardt (Claire Dumas) en 1918
Alias principal : Claire Dumas
Origine : Reims
Nationalité : Française
Historique :
Claire Dumas serait née à Reims, dans une famille modeste mais respectable.
- – Son père, Henri Dumas, était ouvrier dans les caves d’une maison de champagne.
- – Sa mère, Élise Dumas, travaillait comme couturière.
Elle a grandi dans un quartier populaire au sud de la cathédrale, dans une atmosphère simple, pieuse et laborieuse.
Quand la guerre éclate, Reims devient l’une des villes françaises les plus bombardées. Ses parents meurent lors d’un bombardement allemand en 1915. Après la destruction de son quartier, Claire aurait été évacuée vers Châlons puis Paris, passant d’un foyer civil à un autre en tant que réfugiée.
En 1916, Claire se porte volontaire comme infirmière de la Croix Rouge dans un hôpital français à Lyon. Grâce à une recommandation d’un médecin, elle est envoyée en renfort dans les hôpitaux de campagne de l’Argonne.

